Santé mentale des jeunes filles: Et si on en parlait?

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Il y a 10 ans, je n’avais pas les mots pour caractériser mes maux. Ce mal être intérieur, cette tristesse et colère inexplicables qui m’habitaient, ces moments où je sombrais dans l’obscurité de mon âme. A cela venaient s’ajouter une peur obsessionnelle de l’abandon, et un rapport conflictuel à mon corps, aux hommes et à ma sexualité. Je n’avais pas les mots parce que personne autour de moi ne semblait vivre les mêmes expériences, et dans mon environnement, on ne parlait tout simplement pas de santé mentale. Je me suis efforcée de croire que c’était peut-être moi le problème, et que j’étais la seule responsable et victime de mon mal-être. Alors j’ai souffert en silence pendant des années. Une détresse émotionnelle que j’essayais tant bien que mal de dissimuler. Elle était cyclique, allait et venait selon mes expériences, mes victoires ou mes échecs ; mais en toutes circonstances, elle demeurait invisible. De mon adolescence à ma vie de jeune adulte, le mantra qui a guidé ma vie était « Sois forte et en aucune circonstance ne montre tes faiblesses ». C’était devenu une obsession, un réflexe de survie, mais aussi une illusion profondément dangereuse et perverse. Se créer une carapace solide pour masquer sa fragilité et se protéger peut être une solution temporaire. Un « quick fix » qui fonctionne jusqu’à ce que la carapace tombe et qu’on se retrouve à la merci de tout, y compris de soi-même.

Grandir dans une société au sein de laquelle la santé mentale et le bien-être émotionnel sont des sujets tabous, mystifiés, et souvent rangés au placard a largement contribué à ma descente aux enfers. Au Cameroun, où j’ai passé la majeure partie de mon enfance et adolescence, la santé psychologique des adolescents est un sujet tout simplement ignorée: que ce soit dans les médias, les écoles, les familles ou les institutions, on apprend à vivre sans, à faire sans. Comme la peste, on évite ce sujet minutieusement. Ce sont des « maladies de blancs », dit-on. « Il y a des choses plus graves », certainement. Pourtant si l’on se penchait davantage sur le mal-être grandissant qui touche notre jeunesse, tant les filles que garçons, et qui est étroitement lié à l’éducation reçue, la dynamique familiale, les traumatismes vécus et l’environnement socio-économique, on comprendrait mieux les différents maux qui minent notre société. Un rapport de l’organisation Mondiale de la Santé sur la santé des adolescents dans le monde (Health for the World’s Adolescents, 2014) estime que la dépression est la première cause de maladie et de handicap chez les jeunes filles et garçons âgés de 10 à 19 ans. Des données alarmantes puisqu’il s’agit de statistiques mondiales, donc basées sur des données collectées dans les 6 régions du monde. Et ça ne s’arrête pas là. L’étude révèle aussi que le suicide est désormais la deuxième cause de mortalité chez les adolescentes âgées de 10 à 19 ans au niveau mondial après le VIH/SIDA. Parler de santé mentale et bien-être émotionnel n’est donc pas une affaire réservé à un peuple ou une couche de la population, cela concerne tout le monde. Si autant de jeunes dans le monde sombrent dans l’autodestruction, c’est bien la preuve qu’il existe un profond mal-être dans lequel il faut creuser pour en déterminer les causes et les prévenir.

La Santé Pour Les Adolescents Du Monde (OMS, 2014)

 

Prévention du suicide, l’état d’urgence mondial (OMS, 2014)

«Le monde n’accorde pas suffisamment d’attention à la santé des adolescents. Nous espérons que ce rapport incitera les responsables de haut niveau à s’intéresser davantage aux besoins de santé des 10-19 ans et servira de tremplin pour accélérer l’action en faveur de la santé des adolescents.» Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général de l’OMS en charge de la santé de la famille, de la femme et de l’enfant.

L’Organisation Mondiale de la Santé est l’un des principaux organismes à faire un travail remarquable sur la santé mentale des adolescents, malheureusement l’implémentation des recommendations émises n’est pas encore optimale et ce, dans de nombreux pays à travers le monde. Plusieurs études démontrent le lien étroit qu’il existe entre les violences faites aux filles et femmes (physique, sexuelle, psychologique) et leur santé mentale. Un rapport conjoint de l’OMS, l’ONUDC et l’UNDP sur la prévention de la violence dans le monde estime qu’une fille sur cinq en Afrique a été victime d’abus sexuel pendant son enfance, mais seulement 15% des pays Africains déclarent avoir des services de santé mentale adaptés pour répondre aux besoins des victimes. Cela reflète la triste réalité de l’état, du traitement et de la perception collective de la santé mentale des jeunes filles dans la majorité des pays Africains. Pour ma part, ce n’est qu’à l’aube de mes 25 ans, loin des clivages de la société qui m’a vu naître, que j’ai réalisé que pendant plusieurs années j’ai vécu une dépression causée par un traumatisme émotionnel. Cela se manifestait de diverses manières: anxiété, colère extrême, sentiment de culpabilité intense, profonde tristesse, peur obsessionnelle, incapacité à former des relations saines. La stigmatisation des troubles de santé mentale à laquelle j’ai été conditionnée, et mon ignorance totale de ceux-ci m’ont poussé à me renfermer et ne pas demander de l’aide. Plus tard, j’ai compris que les troubles émotionnel et affectif vécus pendant mon adolescence jusqu’au début de ma vie d’adulte étaient intimement liés à la perte de mon père: un traumatisme survenu à l’adolescence, période cruciale pendant laquelle on se construit et bâtit son identité. C’est aussi la période où l’on est le plus vulnérable, celle de la découverte de soi: on se pose des questions, on expérimente de nouvelles choses, et on se projette dans le futur. Chaque adolescente gagnerait à avoir l’écoute, la guidance, les outils et ressources nécessaires pour faire les bons choix pour soi et son avenir. L’adolescence est d’autant plus une période déterminante car les problèmes de santé mentale qui se développent à cet âge ont un impact à toutes les étapes de la vie, et peuvent ainsi influencer notre vie d’adulte. Malheureusement, de nombreuses adolescentes se retrouvent seules face à leurs problèmes, sans la capacité de les comprendre, le soutien nécessaire, ni le pouvoir d’agir pour changer leur situation. Elles se sentent impuissantes, subissent multiples pressions extérieures, et se renferment sur elles-mêmes.

Aimes-toi et le ciel t’aidera

J’ai rencontré Stéphanie lors de mon dernier séjour à Londres en Septembre dernier, une Afro-Américaine quinquagénaire que j’ai interviewé dans le cadre de mon projet de recherche. Elle m’a parlé de son enfance et adolescence, de la dynamique familiale dans laquelle elle a grandi et la manière dont tout cela a influencé sa vie. Pendant son adolescence, Stéphanie a souffert d’une faible estime de soi causée en grande partie par l’absence émotionnelle de ses deux parents et la relation complexe qu’elle entretenait avec ceux-ci. « Je ne me sentais pas aimée, acceptée, ni voulu de mes deux parents qui était séparés. J’étais si mal dans ma peau que lorsque quelqu’un me disait que j’étais belle, je le rejetais avec violence car je n’y croyais pas. » m’a t-elle confié. « Malgré une carrière professionnelle satisfaisante dans la finance, j’essayais sans cesse de combler ce vide en moi, ce manque d’amour que j’aurai aimé recevoir de mes parents. J’étais dépressive et manquait totalement de confiance en moi. Cela m’a conduit à me marier à un homme pour les mauvaises raisons, et finir par divorcer quelques années plus tard. J’étais dévastée. » Malgré ce passé douloureux, Stéphanie a guérit de ses blessures à l’aube de ses 40 ans et bâtit un amour propre et une confiance en soi solide. Elle affirme qu’elle doit sa guérison à ce travail intérieur de plusieurs années, à sa spiritualité, et à l’existence de sa fille, qui lui donnait la motivation de se battre pour lui offrir une enfance heureuse, la combler d’amour et ainsi briser le cycle. Aujourd’hui, Stéphanie est une femme pleine de vie et de lumière qui entretient une relation saine et épanouissante avec elle-même, et celui avec qui elle partage sa vie depuis 11 ans. Lors de notre échange, elle a beaucoup insisté sur la notion d’amour de soi et la manière dont cela a transformé sa vie. Naturellement, cela a résonné en moi, tout comme les récits de guérison intérieure de femmes de toutes générations que j’interviewe au fil des années. Ce qui m’a particulièrement marqué dans son histoire, c’est sa résilience et la joie de vivre qui émanait d’elle, celle qu’on retrouve chez les personnes qui ont connu le pire et ont pu se relever grace à la force de l’amour. Si l’histoire de Stéphanie est porteuse d’espoir, elle renferme aussi deux vérités importantes:

  • La santé mentale des adolescentes a un impact sur les autres aspects et étapes de leur vie, y compris leur vie sentimentale
  • La structure et les dynamiques familiales ont un rôle clé dans le développement et le bien-être émotionnel des jeunes filles

L’amour de soi est un concept si complexe et pourtant essentiel à l’épanouissement de tout individu. S’aimer n’est pas synonyme de désintérêt vis-à-vis du monde qui nous entoure, d’égoïsme, voire d’égocentrisme. Pour beaucoup de jeunes femmes en difficulté émotionnelle, l’amour de soi peut être salvateur: une porte de sortie, la lumière au bout du tunnel, la seule échappatoire.

Comme beaucoup de jeunes femmes, l’aspect de ma vie où les troubles émotionnels développés à l’adolescence se sont le plus manifestés est ma relation avec les hommes, grand laboratoire de ma descente aux enfers mais aussi celui de ma rédemption. Depuis l’âge de 18 ans, j’ai traversé plusieurs relations que je qualifierai de dysfonctionnelles et d’abusives et qui, en vérité, n’étaient que le reflet de la relation que j’entretenais avec moi-même. Mes choix, qui semblaient peu éclairés, avaient cependant quelque chose en commun: la quête permanente de mon père et un besoin maladif d’acceptation. En ces hommes, je recherchais son essence. Ce qu’un homme était supposé être. Je n’avais aucune notion de ce qu’une relation saine devait être alors je me contentait de tout, et surtout de peu. Au fond, je cherchais à combler ce vide intérieur dans l’espoir de me sentir protégée, aimée et en pleine confiance. Seulement, lorsque la relation se terminait, l’inévitable se produisait: je me sentais dévastée, abandonnée, brisée, comme si le schéma se répétait et que je redevenais la gamine de onze ans que j’étais autrefois, lorsque mon père s’en est allé, quand la mort l’a brutalement emporté. A l’époque, je ne comprenais pas la corrélation qu’il existait entre mes relations amoureuses, mes insécurités, mon incapacité à faire des choix sains, ma faible estime de soi et l’absence d’une figure paternelle positive et continuelle dans ma vie. Dans le psyché de la jeune femme en difficulté émotionnelle que j’étais, je pensais ne pas être digne d’amour, ne pas avoir assez de valeur aux yeux d’un homme pour qu’il m’aime et reste avec moi, j’avais en moi un vide grandissant. Et cela a inévitablement affecté d’autres aspects de ma vie. En apparence j’étais forte et souriante. A l’intérieur, j’étais en détresse. C’est à ces moments critiques que les jeunes femmes sont le plus vulnérables, et que les blessures accumulées pendant l’enfance et l’adolescence reviennent à la surface: lorsque la souffrance intérieure crée l’isolement, et que le gouffre devienne si profond qu’on sombre dans l’auto-destruction.

« J’aurai aimé que quelqu’un me dise que vulnérabilité ne signifie pas faiblesse, que les erreurs et échecs ne sont pas fatals, que je n’étais pas le problème, et que ma souffrance émotionnelle était la résultante de circonstances externes sur lesquelles je n’avais pas de contrôle. J’aurai aimé savoir que la dépression et les troubles psychologiques, mentaux ou émotionnels existent et sont tout aussi graves qu’une maladie « physique ». J’aurai aimé avoir un cercle à qui parler, savoir que je n’étais pas seule dans cette tourmente, et que d’autres jeunes femmes vivaient les mêmes expériences. »

Mon histoire et celle de Stéphanie démontrent l’importance d’une structure familiale et d’un environnement sains favorisant l’épanouissement des jeunes filles. En matière de santé mentale et bien-être émotionnel, la dynamique familiale est une fondation essentielle au développement des jeunes filles dans sa capacité qu’elle a de nous faire et nous défaire, de nous élever et nous détruire. En faisant le bilan des dix dernières années, je réalise que les changements et le processus de guérison qui m’ont permis de devenir celle que je suis aujourd’hui, n’auraient pas été possibles sans un véritable travail intérieur: un travail peu confortable, qui vous oblige à affronter vos côtés les plus sombres. Ces zones où personne ne veut aller de peur d’y rester. Et pourtant, c’est à cet endroit précis, dans les profondeurs de mon âme, que j’ai trouvé la lumière. La lumière au fond de l’Être. Si je n’avais pas eu cette porte de sortie, cette échappatoire qui m’a permis de croire davantage en moi-même et penser mériter mieux, je ne serai probablement plus de ce monde.

Cultiver l’amour de soi m’a sauvé. Un amour sain, bienveillant, protecteur, généreux et inconditionnel. Un amour tel que j’aurai aimé en recevoir. Se donner ce que l’on aimerait recevoir est parfois la clé d’une vie meilleure et de relations plus saines. Aussi, je pense que lorsqu’on est vulnérable, on ne peut donner à autrui ce que l’on a pas en abondance. Aimes-toi et le ciel mettra sur ton chemin des personnes capable de t’aimer avec la même intensité, avec respect et bienveillance. Dans mon expérience, cet acte de foi et d’amour a été salvateur et a ouvert la porte à des relations plus épanouissantes. Mais beaucoup de jeunes femmes ne connaissent pas cette fin heureuse et sombre dans l’abus, l’auto-destruction et un cycle infernal de dépression. C’est pourquoi il faut attaquer le problème à la racine, c’est-à-dire chez les jeunes filles, celles qui deviendront les femmes de demain.

Dans 15 ans, les 60 millions de filles qui ont aujourd’hui 10 ans en auront 25; elles seront de vraies adultes. Si les gouvernements, les communautés et les familles prennent dès maintenant leurs responsabilités, ces filles seront en bonne santé et autonomes. Elles pourront réaliser leur plein potentiel et changer le monde.

Estime de soi: Pilier d’une bonne santé mentale

La santé mentale et l’équilibre émotionnel des jeunes filles est avant tout une question de santé publique et ce, partout dans le monde. Elle doit être démystifiée et profondément étudiée dans l’optique de trouver des solutions préventives et durables. Des études récentes prouvent que la situation continue de s’empirer. En Angleterre, les problèmes émotionnels rencontrés par les jeunes filles entre 11 et 13 ans ont augmenté de 55% entre 2009 et 2014 selon une étude parue dans le Journal of Adolescent Health en 2015. En somme, une ado sur cinq rencontre des problèmes d’ordre émotionnel. Au Canada, le taux de jeunes (entre 10 et 14 ans) qui ont été admis à l’urgence pour des raisons de santé mentale a augmenté de 68 % entre 2006 et 2014 (Institut de recherche en santé du Canada; Institut canadien d’information sur la santé; Association canadienne pour la santé mentale). Les causes de cette détérioration de la santé mentale, en particulier chez les jeunes filles, peuvent être multiples: hypersexualisation* des filles et femmes dans les médias entrainant une baisse de la confiance en soi, déséquilibre familial (divorce, hausse des familles mono-parentales, familles dysfonctionnelles…), traumatisme, violences psychologique, sexuelle ou physique, pression des médias sociaux… Toutefois, il est important de noter que la dépression, qui touche en majorité les filles, provient typiquement « d’une faible estime de soi, d’une image corporelle négative, de sentiments d’impuissance et de désespoir ou de stress » (Boyce et coll., 2008). Ces différents états ont un impact négatif sur la perception qu’elles ont d’elles-mêmes, leurs aspirations et leur capacité à faire des choix positifs. Selon l’American Psychological Association (APA, 2014), la vaste sexualisation des filles et des femmes dans notre société joue un rôle majeur dans la détérioration de la santé mentale des filles. Cependant, il serait judicieux d’explorer d’autres aspects inhérents au développement mental et émotionnel des jeunes filles tels que la structure familiale et les traumatismes vécus. Chez les jeunes filles et garçons, l’estime de soi est un indicateur d’une bonne santé mentale. Ainsi, une bonne estime de soi sera associée au bien-être, au bonheur, à la confiance en soi ; tandis qu’une faible estime de soi peut entrainer des troubles de santé mentale (anxiété, dépression, troubles de l’alimentation, troubles de la personnalité…). Or, l’estime de soi se construit de différentes manières, et ça commence au sein de la famille et de la communauté. Pour lutter efficacement en faveur d’une bonne santé mentale et du bien-être émotionnel des jeunes filles, il est impératif d’élargir la discussion en incluant ces aspects plus intimes de l’être, qui jusqu’à présent sont secondaires.

On ne peut parler d’autonomisation des femmes et des filles sans parler de leur épanouissement personnel

Différents organismes se battent en faveur d’une autonomisation économique des couches les plus vulnérables de la société, l’éradication de fléaux tels que le mariage d’enfants, la mutilation génitale féminine, les violences faites aux femmes et les inégalités basées sur le genre. Cependant, peu d’effort et d’attention sont mis sur les aspects plus subtiles. Ces sujets intangibles, invisibles, méconnus et souvent tabou, qui ont la capacité d’être tout aussi destructeurs. Ces maux qui font partie intégrante du quotidien de milliers de jeunes filles, et pourtant demeurent dans l’ombre. En matière de développement Humain, il est indispensable d’adopter une approche holistique, c’est à dire une approche qui intègre tous les aspects de l’individu car chacun d’eux contribue à son épanouissement. Il est alors important de mettre une attention particulière sur les problématiques d’ordre mentale et émotionnelle, en particulier dans les pays à faibles et moyens revenus. Pour cela il faudrait:

  • Eduquer les masses sur la santé mentale et sensibiliser sur ses impacts dans la société
  • Mettre fin à la stigmatisation des troubles mentaux
  • Prévenir les problèmes de santé mentale et les troubles émotionnels en misant sur un développement sain des jeunes filles dans l’enfance et l’adolescence
  • Développer l’estime de soi, la confiance en soi et le leadership des jeunes filles à travers la mise en place de programmes de développement personnel et des activités extra-scolaires épanouissantes
  • Mettre en lumière des modèles féminins positifs, authentiques et sains pour les jeunes filles auxquelles elles peuvent s’identifier
  • Sensibiliser les parents sur leur rôle et les outiller afin qu’ils puissent détecter les problèmes de santé mentale de manière précoce
  • Apporter le soutien et l’aide nécessaire aux adolescentes en souffrance mentale et émotionnelle en favorisant l’écoute et le dialogue
  • Former des professionnels en santé mentale et psychiatrie pour mieux répondre aux besoins des jeunes
  • Créer des structures accessibles à tous favorisant une prise en charge de santé mentale
  • Mener plus d’études à l’échelle nationale pour combler le manque de données fiables sur l’état mental des adolescents et ainsi traiter le problème plus efficacement

Dans ce combat, tout le monde est concerné: parents, décideurs politiques, éducateurs, professionnels de santé, économistes, entrepreneurs, journalistes et responsables communautaires. On ne peut penser une société meilleure pour les femmes dans 15 ans, ni espérer atteindre les Objectifs du Développement Durable, si l’on ne fait pas attention à l’état psychologique des 60 millions de jeunes filles d’aujourd’hui, qui seront les femmes de demain. Il est important de noter que 70% des problèmes de santé mentale se manifestent durant l’enfance ou l’adolescence. Environ la moitié des troubles mentaux commencent avant 14 ans, et 70 % d’entre eux se seront déclarés avant 24 ans. Il s’agit donc d’une problématique qu’il faut attaquer à la racine, dès le jeune âge, en traitant en priorité les causes au lieu des conséquences.

Lorsqu’une fille ne peut pas réaliser son potentiel, nous sommes tous perdants. -Dr Babatunde Osotimehin, Secrétaire général adjoint des Nations Unies

Atteindre l’équilibre émotionnel et guérir de troubles mentaux peut être la quête de toute une vie. Mais il ne devrait pas s’agir d’une quête secondaire. Tout ce qui contribue à notre épanouissement et bien-être devrait être prioritaire. La première étape est la prise de conscience. Mon cheminement a démarré au début de la vingtaine, et bien que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, à désapprendre, et quelques cicatrices, j’ai développé une résilience, une force et une pleine conscience des causes de mon mal-être qui ont accéléré ma guérison qui s’est cristallisée au cours des trois dernières années. Être conscient c’est avoir le courage de mettre en lumière ce qui ne va pas, les schémas destructeurs que l’on répète inconsciemment ou consciemment, être face à ses actes, peurs, pensées et comportements dysfonctionnels. En somme, être présent. Et souvent, cela demande de l’aide, c’est-à-dire un écosystème qui vous apporte le soutien et l’écoute nécessaire. Je suis convaincue que le meilleur moyen de prévoir l’avenir est de le préparer dès aujourd’hui. Plus que jamais, nous devons faire de la santé mentale des jeunes filles une priorité, ainsi que leur épanouissement, la manière dont nous les éduquons, ce que nous leur transmettrons, le modèle que nous leur renvoyons. Car c’est en plantant des graines maintenant sur la terre la plus fertile que nous pouvons espérer en faire germer un beau jardin.

Etat de la population mondiale (UNFPA, 2016)

Une femme pleinement équipée pour faire les choix positifs pour son avenir est une femme dotée du pouvoir d’agir et capable de transformer sa vie positivement. Cette force ne tombe pas du ciel. Comme une graine, elle est d’abord plantée à l’intérieur de l’être, puis cultivée tout au long de la vie.

*La sexualisation intervient quand la valeur principale d’une personne est associée à son apparence sexuelle — plutôt qu’à son intelligence ou à d’autres qualités — et quand la personne est soumise à des normes irréalistes de beauté physique (American Psychological Association, 2007). 

Andréa Bomo

l'auteur

Andréa Bomo

Andréa Bomo est une journaliste et documentariste qui utilise le storytelling à travers différentes plateformes pour impulser le changement social. Son travail explore les questions relatives aux femmes et jeunes filles, la justice sociale, les pratiques culturelles et l’innovation sociale.

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