Santé mentale des jeunes filles: Et si on en parlait?

Il y a 10 ans, je n’avais pas les mots pour caractériser mes maux. Ce mal être intérieur, cette tristesse et colère inexplicables qui m’habitaient, ces moments où je sombrais dans l’obscurité de mon âme. A cela venaient s’ajouter une peur obsessionnelle de l’abandon, et un rapport conflictuel à mon corps, aux hommes et à ma sexualité. Je n’avais pas les mots parce que personne autour de moi ne semblait vivre les mêmes expériences, et dans mon environnement, on ne parlait tout simplement pas de ces sujets là. Je me suis efforcée de croire que c’était peut-être moi le problème et que j’étais la seule responsable et victime de mon mal-être. Alors j’ai souffert en silence pendant des années. Une détresse émotionnelle que j’essayais tant bien que mal de dissimuler. Elle était cyclique, allait et venait selon mes expériences, mes victoires ou mes échecs ; mais en toutes circonstances, elle demeurait invisible. De mon adolescence à ma vie de jeune adulte, le mantra qui a guidé ma vie était « Sois forte et en aucune circonstance ne montre tes faiblesses ». C’était devenu une obsession, un réflexe de survie, mais aussi une illusion profondément dangereuse et perverse. Se créer une carapace solide pour masquer sa fragilité et se protéger peut être une solution temporaire. Un « quick fix » qui fonctionne jusqu’à ce que la carapace tombe et qu’on se retrouve à la merci de tout, y compris de soi-même.